2016 : LPs Hip-hop et trucs dans le genre 1/2

Par défaut

50. Jak Tripper – Hideous

Jak Tripper avec son flow rauque et malade balance un LP hypnotiquement malsain et sataniquement magique, les ambiances énigmatiques tranchent parfaitement avec le verbe rentre-dedans du new-yorkais, le boom-bap y est lourd et les instrumentations sont minimalistes, tristes et obscures… Horrorcore total et monolithique pour un album gavé de folie pure presque sanguinaire !

49. Mike Shank – Bukowski’s Epitaph

Un grand album, une belle découverte ! Un peu Backburner sur les bords, pas très technique (mais tout est relatif) mais complètement humain, décomplexé et singulier ! Mike Shank rappe avec ses tripes, ne fait pas semblant, on pense aux trucs de Peanuts & Corn Records de l’époque, mcenroe en tête et c’est cool !

48. WARPATH – Pure Butter + More Butter

La scène boom-bap allemande n’est plus à présenter et en voici une nouvelle pépite ! Avec sa simplicité toute teutonique canal-historiquement pure, ça smoothe comme c’est pas permis, les productions jazzy signées Soulmade tranchent avec le sécateur verbal de WARPATH et c’est excellent comme ça !

47. The Sloth & Hologram – The Francis Slothington Dawn

Album extra-terrestre sci-fi comique où les comptes se règlent à grands coups de flows bondissants signés The Sloth ; pour contrebalancer ça, Hologram lâche à la pelle productions cool sur productions tordues. L’emcee occupe beaucoup de place, on adore ça, mais les deux ensemble, c’est la symbiose loufoquement bien kiffante ! Youpi quoi !

46. Moka Only – Milky State

Impossible de faire une rétrospective de l’année 2016 sans parler de Moka Only car le Canadien a juste fait péter les compteurs en sortant 12 albums cette année ! 12 ! Et pas 12 albums anecdotiques : #99, I’m Delighted,Summerland, Sao Paulo ou Brutal sont merveilleux, mais Milky State est selon moi un cran au dessus. Plus jazzy, plus original dans la composition des tracks, plus cool et smooth, son album étiqueté du mois de septembre est une petite merveille !

45. Illogic – A Man Who Thinks With His Own Mind

Illogic se fait trop discret car selon moi le gars de Columbus est une des meilleures choses qui soit arrivée au hip-hop et son Celestial Clockwork de 2004 est un de mes classiques. 2016 aura vu son retour avec une extraordinaire compilation de raretés et cet album. Illogic y étale encore une fois sa maîtrise du verbe, sa dextérité bluffante et son flow fluide et naturel presque spoken word tellement c’est facile pour lui. On écoute ça les oreilles écarquillées de bonheur surtout que les productions de Tha Sound Cultivator alambiquées, non-linéaires et très personnelles sont du même acabit ! Immense !

44. Sach – fiDELITY

Encore un retour en forme pour un valeureux ancien du rap jeu d’en dessous ! Car, qu’on se le dise, Sach 5th Ave de 2004 sorti avec Omid est un petit chef d’œuvre, mais honteusement, j’avais un peu perdu de vue ce bon vieux Sach… Toujours dans sa veine jazz-rap hautement qualitative, fiDELITY est cool de chez cool !

43. Nacho Picasso – AntiHero Vol. 1

Des années qu’on suit Nacho Picasso ici, avec Blue Sky Black Death ou pas, son coté thug de l’intelligentsia du hip-hop est passionnant et a créé un véritable personnage de comics dans toute son épaisseur, mais le voir avec Blvck Lvgoon et Harry Fraud, je me suis dis aie aie aie, ça passe ou ça casse… Hé ben, ça passe ! Nacho Picasso n’a jamais été aussi méchant et son flow froid et piquant atteint même des sommets de sang congelé ! Naviguant entre trap et cloud-machin souterrain, le truc est spectralement parfait, Nacho Picasso est sublime dans sa méchanceté et Blvck Lvgoon ou Harry Fraud ont compris qu’il fallait lui donner tout l’espace négatif pour que l’emcee puisse se vautrer dans le stupre !

42. Jungle Brown – Flight 314

Smooth, cool, ultra-smooth, ultra-cool, intelligent, malin, délassant et bonnard à souhait, voilà du boom-bap anglais à la bien mais version Native Tongues ! On le sent, les gars de Jungle Brown ont été biberonnés au miel de valeureux anciens, Digable Planets, A Tribe Called Quest et Arrested Development en tête, des groupes qui évoquent pour moi l’espoir, l’espoir d’un monde plus cool, les Jungle Brown en reprennent le flambeau et ça lave !

41. J-Zone – Fish-n-Grits

Le maître compositeur fait partie des artistes les plus sous-évalués de l’histoire du hip-hop. On a tendance à oublier son Pimps Don’t Pay Taxes de 2001 qui selon moi est du même niveau que les sorties des Cannibal Ox, des Typical Cats, d’Aesop Rock, de Buck 65, des Dilated Peoples ou d’Antipop Consortium de cette même année. Enfin bref J-Zone est un grand qui continue à être qualitativement actif et ce Fish-n-Grits fait de collages et de flows ravageurs en est la preuve !

40. Hus Kingpin & SmooVth – H.N.I.C. : Hempstead Niggas In Charge

Les deux Tha Connection sont de retour et c’est une sacrée bonne nouvelle pour nos oreilles ! Hus Kingpin et SmooVth avaient scotché tout le monde en 2013 (pfffiou, ça passe vite…) avec un Strive aussi indispensable que jubilatoirement et sombrement boom-bap east-coast. Depuis plein de projets solo (toujours bons, notamment cette année le SS96J de SmooVth), mais aucun réel projet commun du binôme de Long Island… Mais voilà ce truc et c’est la banane ! Le son de la côte Est est là, peut-être moins minimal dans les productions que sur Strive, avec une variété d’ambiances allant du caniveau à des trucs plus aériens, mais le résultat est toujours archi-bonnard ! Niveau flow, Hus, SmooVth (et toute la clique de The Winners) connaissent leurs fondamentaux sur le bout des doigts, leurs rimes sont réfléchies et sans superflu, les Tha Connection ne font pas dans la démonstration, ils vont à l’essentiel… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne et que les deux ensemble, c’est de la dynamite !

39. Junclassic & Wun Two – Better Than Fiction Too

L’ancien des Monsta Island Czars avec un producteur allemand, sur le papier ça donne envie ou du moins, ça aiguise la curiosité et pas que sur le papier puisque Junclassic et Wun Two, c’est du feu ! Boom-bap moderne, smooth hybride, transpiration cool, productions classieusement alambiquées et puis y’a Billy Woods, Hus Kingpin et Dominique Larue dedans ! Gros haut !

38. MC Gels – Wandering Souls

Attention ! Petite merveille en provenance directe du Bronx ! Comme sorti d’un rêve Golden Age, MC Gels surclasse la concurrence dans ce style néo-90’s si particulier ! Au menu : lyrics classieux, nonchalance et technique, beats parfaits, échantillonnages jazzy version Primo belle époque et puis il y a ce petit quelque chose qui fait les grands albums ! Bien sûr, on pense au début de Joey Bada$$ et ça positionne ce Wandering Souls bien haut !

37. Autopsy – Savage Planet

2016, l’année de San Diego et du Red Lotus Klan ? Assurément ! Le crew Masters of The Universe est ressorti des limbes, Autopsy est de retour, l’emcee qui avec Odessa Kane avait commis Civil War, une boucherie pas encore estampillée Red Lotus Klan mais qui présageait ce Savage Planet. En terme de violence urbaine à la Billy Woods, on ne fait guère mieux, le flow saccadé d’Autopsy colle admirablement aux compositions lyriques et rythmées de Scvtter Brvin et l’uppercut en pleine face fait mal !

36. The Kleenrz – Season Two

The Kleenrz, c’est Self Jupiter au micro (Freestyle Fellowship, Project Blowed ou Hellfyre Club comme pedigree) et Kenny Segal à la manoeuvre et là c’est la suite du projet de 2013 entre les deux gars ! Le résultat est claquesque : des beats fous et intelligents de Kenny Segal que je n’attendais pourtant pas aussi efficace dans un projet aussi dark, un flow qu’on aime (Self Jupiter quoi !) et des feats bien bien goûtus, Del, Busdriver, Sach, Abstract Rude, Myka9, Awol One, Grouch, Eligh, bref n’en jetez plus, l’album est grand de chez grand !

35. Mr. Lif & L’Orange – The Life & Death of Scenery

2016 sera l’année de la fin d’hibernation pour Mr. Lif, car après un très très gros Don’t Look Down, c’est une nouvelle pépite que nous livre la légende de Boston ! Épaulé cette fois-ci par le toujours excellent L’Orange à la production, l’emcee claque un The Life & Death of Scenery comme une dystopie où l’art ne serait plus nécessaire au monde, une vision légèrement paranoïaque mais pas si inimaginable que ça… Niveau hip-hop, on est tout en haut ! Le travail de L’Orange toujours aussi délicieusement vintage ici version rétro-futurisme des années 60 ; Mr. Lif rehausse l’affaire avec son flow toujours aussi précis et athlétique et des feats à faire baver : Akrobatik, DJ QBert, Insight, Gonjasufi ou Chester Watson !

34. Ocean Wisdom – Chaos 93′

Tout ce qui sort chez les Anglais d’High Focus est fondamentalement et obligatoirement intéressant et ce Chaos 93′ ne déroge pas à la règle. Les productions, unilatéralement signées par Dirty Dike qu’on kiffe ici, confirment l’axiome : c’est le haut du panier ! On flotte dans la brume entre classicisme hip-hop britannique et beats bien plus lourds sur lesquels Ocean Wisdom explose littéralement tout ! Son flow techniquement et athlétiquement parfait est un modèle du genre et Chaos 93′, le mètre-étalon de la dinguerie anglaise actuelle !

33. Aesop Rock – The Impossible Kid

Labor Days a 15 ans, et 15 ans que je vénère ce type… The Impossible Kid amène encore une pierre à l’immense château de l’Américain et Aesop Rock lâche encore un album épais et ambitieux comme à son habitude. Fouillé et pointu, fait de beats massifs et aventureux, de breaks finement sentis, de claviers rétro-futuristes et oppressants et surtout d’un flow rentre-dedans, mobylette et intelligent, ce nouvel Aesop Rock est un monument à son image !

32. Unsung – Young Man

Cela fait un moment que j’attendais LE vrai grand album d’Unsung, un truc qui mette tout le monde d’accord, j’y croyais, je savais qu’il allait le faire et bien le voilà ! Non pas que sa discographie soit mauvaise, loin de là, elle a même plutôt de la gueule, The Paint, You Will Face Seven Beasts ou Beast Tape sont par exemple des merveilles FakeFouriennes, mais le hip-hop délicat et brumeux du gars de Morgantown est ici à son sommet. Young Man se situe quelque part entre de l’alt-rap fait-maison avec son côté acoustique parfois chanté et du pur abstract hip-hop avec sa prise de risques et quelques odeurs cloud. A ça, on peut rajouter que le flow d’Unsung n’a jamais été aussi bon et immersif, il me fait d’ailleurs de plus en plus penser à un Jeremiah Jae mélancolique. Mais ce qui fait la différence selon moi, c’est ce côté humain et la dimension introspective de chaque titre est admirable ! Résultat : le coup est gagnant !

31. Short Fuze & Uncommon Nasa – Autonomy Music

Après Cold War Era et surtout Halfway l’année dernière, Uncommon Nasa revient avec un excellentissime Autonomy Music, un LP dont il est le producteur et où il a laissé le micro à Short Fuze. Résultat gagnant, très dans les sonorités authentiques du New-York du début des années 2000, Antipop Consortium en tête, un grand album, réussi et archi-trippant et en plus y’a Curly Castro sur une piste !

30. Dillon & Paten Locke – Food Chain

Fils des Native Tongues et du hip-hop positivement bonnard, les deux Ricains développent un album archi-réussi porté par le flow maîtrisé et technique de Dillon et les productions anti-2.0 et gigotantes de Paten Locke (si ça te plaît, il faut écouter Clean Plate Club Vol. 1 aussi) ! Excellent et revigorant !

29. Pruven – Dark Light Tablets

Voir Pruven produit par Scvtter Brvin, patron du Red Lotus Klan, c’est juste monstrueux ! Pour faire simple, c’est juste un LP avec un de mes rappeurs préférés, bien east-coast, bien froid et athlétique, avec le producteur de l’année, bien underground, bien dans les sonorités que j’aime et ayant sorti une collection de pépites impressionnantes en 2016. En janvier, il y a donc eu ça et rétrospectivement c’est assurément une des meilleures sorties hip-hop de l’année ! Méchante, avec une patate de dingo ! Si tu ne bouges pas la tête, c’est que tu as une minerve, rien que ça !

28. Yikes the Zero – The Animal Box

En bon touche-à-tout du hip-hop, Yikes the Zero a non seulement écrit mais il a aussi produit l’album entier et l’œuvre est immense ! The Animal Box fait dans le hip-hop expérimental, mais il est avant tout singulier et archi-aventureux, un peu à la manière d’un Milo hybridé avec L’Orange ou Edan et porté par un flow monocorde à la Jeremiah Jae. Attention, n’ayez pas peur, l’affaire est abstraite mais facile d’accès et c’est justement là où réside le grand art ! Tirant ses sons à partir d’un éventail de boucles assez dingue aux influences immersives et variées (du cartoon pour gamins aux films d’épouvante), la texture de l’essai est saisissante ! Le rendu sonne finalement assez spectral ou plutôt fantomatique, mais pas pour le côté flippant du terme, plutôt par le côté nostalgique d’une autre vie ou d’une enfance perdue. L’emcee/producteur philadelphien réussit à allier créativité et subtilité, et c’est méchamment bien ! Grand et même plus que grand !

27. Willie Green – Doc Savage

Doc Savage, c’est une plongée dans l’underground qu’on kiffe depuis une petite dizaine d’années, une véritable messe dédiée à l’art de hip-hop d’en dessous avec comme maître de cérémonie un Willie Green en passe de devenir mon producteur préféré ! Son génie du crescendo, de la spirale rythmique, de l’innovation, du détail sont sans commune mesure avec le reste du monde. Ses travaux avec Billy Wood, Elucid, le Backwoodz Studioz et d’autres sont juste des monuments de complexité et de puissance maîtrisée, Doc Savage ne déroge pas à la règle. Willie Green y a invité ce qu’on fait de mieux : Open Mike Eagle, Milo, Uncommon Nasa, Curly Castro, Denmark Vessey, Has-lo, Brzowski, Henry Canyons, Elucid, Billy Woods et même les deux derniers ensemble sous le blase d’Armand Hammer, je ne cite pas tout le monde tellement j’ai les yeux qui pleurent ! Il y a prise de risque mais toutes ces combinaisons fonctionnent : Willie Green connaissant par cœur le style de chacun, il les sublime en les poussant dans leurs retranchements et puisque chaque pièce a un caractère singulier, l’album en devient unique, ambitieux et finalement un des trucs les plus incroyables que j’ai écoutés cette année !

26. Danny Brown – Atrocity Exhibition

Voilà un album chargé d’électricité, et déboulant de nulle part arrive un flow criard à mi-chemin entre le dirty south et le chant possédé d’Howlin’ Wolf. Comme d’hab’ avec Danny Brown qui ne loupe pas grand chose, oui, mais là il y a ce petit supplément d’âme, car ce n’est pas dans le hip-hop qu’on pourra trouver une comparaison pertinente à cet album mais bien dans la ville de son auteur : Detroit. Atrocity Exhibition est le rejeton d’une lignée qui commence avec le MC5, les Stooges (des deux premiers albums, hein !) et passe par son contemporain Mick Collins. Outre la furieuse pagaille organisée et jouissive, on retrouve ce même dynamitage de la musique qui en extrait la substantifique moelle. Le rap de Danny Brown, c’est de la pâte à modeler préparée façon gumbo, qui nécessite quelques écoutes pour révéler toutes ses richesses, mais qui régale !

 

2016 : EPs hip-hop et soupes dans le genre

Par défaut

12. Tha God Fahim – Soul Eater

L’emcee d’Atlanta revient gonflé à bloc avec une petite tuerie d’EP aux ambiances minimales et sombres où même les petites ritournelles deviennent inquiétantes. Coté production, c’est la classe internationale, les boucles se répètent à l’infini, on pense à Ichiban Hashface (encore lui !) et on se régale, surtout que le flow hargneux de Tha God Fahim occupe tout l’espace !

 

11. The Purist & WestSide Gunn – Roses Are Red… So Is Blood

Cette année, impossible de passer à côté de Westside Gunn, de son Flygod et de ses nombreux projets en binôme avec Conway ou ici avec Tha Purist ! Pourquoi parler de cet EP ? Parce que Tha Purist est un bon, que je ne me suis toujours pas remis de Pyrex Scholar, de plus je trouve que c’est le seul producteur qui arrive à apaiser la voix de gamin criard de Westside Gunn !

 

10. OptimisGFN – The Fresh Prince of Berlin

OptimisGFN nous livre une nouvelle claque imparable ! Quelque chose proche de l’abstract californien, avec un je-ne-sais-quoi de Knxwledge sous amphétamine, un truc solaire et contemplatif mais aussi quelque chose de profondément berlinois et expérimental fait d’EDM de la cave et d’électro-chip répétitif, au final l’album est presque calibré pour le clubbing ! Un truc d’une limpidité complexe et torturée devant laquelle on se prosterne !

 

9. Ill Move Sporadic & Tenchoo – Panic Room 9

Pas de secret : la bonne vielle formule héritée des années 90 à base de beats lancinants et de flows virevoltants fonctionne toujours. Rajoutez à ça le petit accent anglais qui va bien, des refrains accompagnés de chœurs scandés et la lourdeur urbaine : on y est !

 

8. 7 Arm’d Labyrinth – Amaterasuz Orphan EP

Grosse découverte macabre et chargée que 7’Rinth (écoutez Medecine Cabaret  !) et tous les gars qui gravitent autour de lui : Anubis Dohji, Menes The Pharaoh, Sea/Swordz, Sorcery Orchestra (dont on parlera plus bas et dont on parlait là) ! DIY, ultra-lo-fi, drogue, ambiances anxiogènes, flows de dingues, boom-bap des bas-fonds et productions trippantes, voilà pour le programme !

 

7. Blueprint & Aesop Rock – Vigilante Genesis

Productions industrielles, gritty et finalement très Def Jux mais version 2016, le tout sur fond de super-héros et de graffiti, narration parfaite et captivante, Blueprint élève encore son flow depuis Respect The Architect et King No Crown  ! Une suite, vite !

 

6. Willie Evans Jr. – The Crush

Willie Evans Jr. a un truc dans le flow qui fait penser à MF Doom, c’est indéniable et si on rajoute à ça des productions extraordinaires, on a The Crush et c’est la régalade… Le Floridien a frappé fort avec cet EP et sa beat-tape toute fraîche confirme tout le bien que je pensais de lui : un souci de la mélodie et un goût pour l’expérimentation !

 

5. Cryptic One – The World According To…

Le gars Cryptic One fait dans le hip-hop depuis les années 2000 seul ou avec son crew Atoms Fam, ici c’est solo que le producteur/emcee new-yorkais nous livre cet excellent The World According To… Le résultat est simple et court, mais lumineux et singulier, le gars a purifié son hip-hop de tout le superflu pour ne garder que les tripes boom-bap intelligentes, un truc fait d’une conscience politique de vétéran du rap jeu allant des brutalités policières à Trump en passant par le contrôle des armes à feu. Fulgurant et gorgé de classe !

 

4. Ichiban Hashface – Raw Fish EP et Moonshine Dojo

Depuis The Swordsman (qui était juste mon album de l’année en 2014 et qui a malheureusement disparu de Bandcamp), la passion que nous avons ici pour Ichiban Hashface n’est plus un secret. Ses titres lancinants et hypnotiques, ses beats et son flow monotone, froid, presque inarrêtable sont des expériences à vivre, ce dernier Raw Fish EP et Moonshine Dojo ne dérogent pas à la règle ! Ils sont grands, plus dans un sillon jazzy, moins dans le DIY radical, mais toujours aussi grands !

 

 

3. Ostrich Breath – Nightmare on Immortal Elves Weed

Attention, reculez, vous allez vous prendre dans la face une bonne grosse claque de hip-hop glauque, embrumé, glacial et accessoirement foutrement bien foutu ! Kurt Travis et Sorcery Orchestra (dont on parlait là et ça n’est pas fini) sont Ostrich Breath et ils assurent le cachou à grands coups d’ambiances lourdes et malsaines ! Labyrinthique, flippant, malsain, la régalade !

 

2. Genghis Khan – Friday Night Fright

Le Red Lotus Klan, on vous avez dit que c’était du feu cette année et on en reparlera ailleurs mais revenons à notre sujet : Genghis Khan et Scvtter Brvin ! Les deux anciens Masters of The Universe ont commis cet EP court, mais monstrueux, martial et grandiose en forme de suite logique au Night Gallery de 2011. Quatre titres, rien de plus, mais quatre grands titres et surtout une ambiance globale horrifique et expérimentale assez dingue, une sorte de petit  Dr. Octagon avec un Kool Keith macabre et hanté.

 

1. Holy Smoke – S/T

Entre hyper-activité et rien, les parcours des deux puits de créativité que sont Zeroh et Jeremiah Jae se ressemblent et sont finalement anti-symétriques l’un par rapport à l’autre. Quand l’un dort, l’autre grouille de partout ! De 2013 à 2015, Jeremiah Jae avait sorti une dizaine de projets tous plus bonnards les uns que les autres et Zeroh quasi-zéro… Cette année, c’est le contraire avec les énormes O Emissions de l’un (dont on reparlera) et quasi-rien pour l’autre (mais tout est relatif, car on en reparlera ailleurs). Alors voir les deux du Black Jungle Squad sous le même blase dHoly Smoke, mes yeux ont pleuré ! Les deux ensemble, c’est de la pure bonne fois 2, ils nous font voyager bien bien haut à travers les méandres de deux cerveaux génies du hip-hop moderne. La recette est connue mais toujours bigrement efficace, flow monocorde, samples kaléidoscopiques, bricolages lo-fi, hypnose hip-hop, expérimentation et perfection ! IMMENSE !

 

2016 : rap français et autres soupes dans le genre

Par défaut

12. Maodea – Anagrams

Avec Anagrams (mais aussi avec le vagabond et excellent Vg+ ), le beatmaker nantais Maodea nous offre un petit recueil d’ambiances délicates et texturées fait d’abstract atmosphérique et onirique. En gros, si tu comptes finir l’année (ou en commencer une nouvelle) en chillant pépère au coin du feu, voilà ton partenaire indispensable !

11. Masque d’Humanité – s/t

Bub Le Zombie, Marcel Polaire et PS à la production sont suisses et avec Journée Standard, je vais finir par penser que c’est par là-bas qu’on pond le meilleur rap francophone actuellement ! Masques d’Humanité, c’est 12 morceaux comme autant de masques différents aux ambiances hyper-variées. Du smooth aux trucs plus hybrides électro ou anxiogènes, les productions sont hyper-classes et les flows par dessus collent nickel aux atmosphères de chaque titre !

10. Monsieur Saï – L’Histoire des Hommes

Dans le sillon de Première Volte Digitale  et de La Guerre ne Fait que Continuer, Monsieur Saï, le Maestro (sans les antennes) de la Sarthe, nous refait un Il était une fois… l’Homme, un épisode de vulgarisation pessimiste de 30 minutes sur une seule piste, un exercice casse-gueule, mais ici c’est archi-réussi. On remet une bûche dans la cheminée et on écoute le gars nous parler de l’homme et de l’absurdité de son évolution faite de meurtre et de manipulation de masse.

9. Alaclair Ensemble – Les Frères Cueilleurs

Longtemps que je n’avais pas kiffé un album du cultissime crew bas-canadien comme ce Les Frères Cueilleurs. D’ailleurs, je ne dirai plus que c’était mieux avant car c’est excellent maintenant et ce truc est même sûrement ce qu’ils ont fait de meilleur ! Bien bien moins dans l’électro-dégueulasse, plus froid, plus verbal, plus dense, moins dans l’excès sonore même si on sent que le truc pourrait déborder parfois, plus dans le verbe et même si je ne pipe pas trois mots au bazar, Alaclair Ensemble arrive à rendre le « français » assez carré et bondissant pour qu’on n’ait plus rien à envier au flow ricain…

8. J.Keuz – Acceptions

J.Keuz, c’est un rap pas toujours facile d’accès, une tendance à briser les codes du « bien écrit » rappologique tout en affirmant une parfaite maîtrise et des textes qui n’hésitent pas à aller piquer là où ça démange. Acceptions est un premier EP solo servi par un beatmaking luxueux qui sert parfaitement son écriture dense et groovy.

7. Monsieur 6000 & Dakota – Forever Lost

Ces deux là se sont bien trouvés ! Le flow de Monsieur 6000 tire vers quelque chose à la Casey avec la vitesse en moins et le spleen en plus, un truc spoken sword poétique parlé-chanté finalement très alt-rap dans la forme où Dakota place avec une classe folle des beats mouvants et des boucles à tiroirs très alt-rap eux aussi. Forever Lost est un album ambitieux et assez symbiotique entre un emcee qui cale des mots d’une réelle beauté et un beatmaker qui cherche la mélancolie onirique sans en faire des caisses !

6. M.o.I (Moi ou Il) & Phalo Pantoja – Vitriol

A des années-lumière du rap français actuel qu’on adore détester, Bruno M.o.I au micro et Seb Phalo Pantoja à la production (on reparlera de son Merciless Beauty avec le ricain Eastkoast) distillent un hip-hop old-school ouvertement Golden Age, un travail pointu et foutrement réussi, un truc qui claque et qui fait bouger la tête, et puis les punchlines de vieux films, le kif !

5. L’Argent de la Drogue – PopMusic

L’Argent de la Drogue, c’est une série de paradoxes… Frais ou bien sale, foutraque ou alors construit, franc-maçon ou illuminati, expérimentation lo-fi, grosse trap ou beats soulful, années 80 ou 90, Perpignan ou le reste du monde, c’est le retour de l’ADLD crew et c’est aussi énorme que L’Amende Honorable  !

4. Le Sept – Amoco Cadiz

La légende hexagonale qu’est Le Sept n’avait rien sorti depuis 2008 et Le Jeu du Pendu avec Lartizan, alors autant dire qu’on attendait tous de pied ferme son retour. Amoco Cadiz est un 8 titres pas plus, mais un concentré de ce que le gars est capable de faire avec son verbe et son flow rugueux et incisif porté ici par des productions archi-bonnardes. Un album lourd, lent, noir et épais comme une nappe de pétrole !

3. Le Makizar – Schéma de Vie

Le Makizar s’est échappé du trio Kalhex, mais ses potes Lex et Parental ne sont pas loin ! Grand bien lui en a pris, car au final, ce premier album solo est une merveille, un truc solaire à la MC Solaar (jeu de mots !), bien cool, jazzy et moderne en même temps, avec des beats à la sauce 90s bien sûr mais revisitée et une belle cohérence musicale et textuelle. Car oui, Le Makizar pratique l’art de la rime intelligente et positive, ce qui fait du bien. Schéma de Vie est un album qui lave l’âme et les oreilles et moi, je n’en demande pas plus à la musique.

2. Dezordr Records & Team Plyers – Du Boucan sur les Braises (Dezordr Session 009)

Vous cherchez toujours les bienfaits de la loi El Khomri, et bien plus la peine de chercher, il n’y en a qu’un seul, c’est cet énorme album ! Né dans la rue et d’un regain général de conscience politique, ce projet associant les gars de Dezordr Records et des Team Plyers est une merveille de flows rageurs, intelligents et philanthropes. Y’a du beau monde sur ce projet (la liste serait trop longue) et sûrement ce que le rap français fait de mieux actuellement surtout que là, le truc est porté par des productions noires, frontales et elles aussi hyper-qualitatives. Du Boucan sur les Braises porte l’espoir d’un monde qui pourrait changer si on se bougeait un peu les fesses et résultat, les 18 pistes sont juste purement piloérectiles à souhait !

1. DLGHT – Avec Plaisir

DLGHT est parisien et il livre là une fascinante immersion dans le beatmaking actuel fait de chill-out jazzy et d’ambiances éthérées de très haute volée avec ici (et c’est son charme) des relents des années 90 en version française. On croisera MC Solaar (encore lui !), Busta Flex, la Fonky Family, Oxmo Puccino, Kery James, Doc Gynéco, des bouts de C’est Arrivé Près de Chez Vous ou de La Haine , tous ces sons sont transformés, comme patinés par le temps, down-pitchés pour certains comme s’ils devenaient des traces d’un passé vénéré, des murmures de notre Golden Age à nous, des échos presque historiques qu’on entend au loin… Deux décennies d’écart entre les deux, le gap est saisissant et c’est ce qui fait la magie d’un album qui est selon moi le meilleur truc français de l’année !

2016 : beat-tapes, instrumentaux et soupes dans le genre

Par défaut

12. Dday One – Gathered Between
Échantillonnage complexe mais linéaire, fin mais qui accroche comme une ventouse à un évier, gavé de loops jazzy et de trouvailles chronométrées, le Californien fait spectralement penser à DJ Shadow ou Pete Rock, rien que ça, et on s’en régale en vrai !

11. 13th Grave – Pvssenger
Les vampires sont lâchés ! 13th Grave fait semblant d’être roumain, il ne l’est pas, il gravite autour de Mathias Kruse et sa clique (si tu n’as toujours pas écouté  Eustress / Wormhole  avec Brenky, tu te dépêches ou alors tu attends parce qu’on en reparlera !), il pratique le hip-hop instrumental et Pvssenger est une expérience entre rêve et cauchemar, toujours sur la lame du rasoir : jazz-hop, non, classic-hop, non, romantic-hop, ça pourrait coller et puis je ne sais pas mais c’est très bien comme ça !

10. The Fawbak Experiment – Third Space EP
Énorme claque de « pur » free jazz abstrait aux saveurs hip-hop discrètes : bien sûr quelques odeurs de boom-bap ou de downtempo sont là pour aiguiser l’oreille grâce au travail génial et délicat de Fawbak et Medline à la production du truc, mais le plus passionnant est ailleurs ! La magie opère par le coté immersif et cosmique des compositions faites main et construites comme on enfile des perles de lumière !

9. 10th Letter – The Revenge
On a kiffé sa relecture sonore dEscape from New York, mais là, 10th Letter franchit un cap ! The Revenge est tout bonnement fascinant ! Le producteur d’Altanta claque 11 pistes à tiroirs d’une densité sonore incroyable, tout est fin, délicat, réfléchi, les ambiances texturées à l’excès nous ouvrent des portes vers le méditatif (plus que le psychédélique) et le rendu global est complexe, quasi-extraordinaire (au sens étymologique du terme). Il faudra arrêter un jour de parler de beatmaker (et moi le premier…) pour des gars comme 10th Letter tellement leur art va au-delà de la création de beats (ce que je respecte grandement), 10th Letter compose des symphonies modernes !

8. Ichiban Hashface – House of Human Vol.3
Si vous ne le savez pas encore, La Soupe de Son voue un culte à Ichiban Hashface et le gars du Nebraska nous le rend bien à chaque fois, car après les deux chefs d’œuvre que sont  Moonshine Dojo  et  Raw Fish EP (dont on reparlera ailleurs), le beatmaker/emcee a lâché le petit frère de  House of Hunan Vol.2  ! Plus smooth, peut-être plus jazzy (mais tout est relatif quand on connaît l’œuvre du bonhomme), peut-être moins DIY radical (et donc dans la continuité de Raw Fish EP ), ce volume 3 instrumental s’avale comme une tisane à la weed bien sucrée, un truc plein de mélancolie et de goût et c’est encore une pépite signée Ichiban Hashface !

7. Tomppabeats – Harbor LP
Souvent quand on voit 39 titres, on prend peur, mais ici on est loin de l’album fleuve à rallonge bien chiant, les 39 vignettes extatiques ne dépassent pas la minute et magie sonore, elles s’enchaînent toutes parfaitement avec délicatesse et symbiose. Le beatmaker finlandais navigue avec élégance dans le lo-fi plein de rêverie et le smooth contemplatif, en gros tu mets ça un dimanche soir quand t’as pas envie d’aller taffer et t’as encore moins envie d’y aller, mais tu te le remets une autre fois, parce que c’est trop bon et même que tu te ferais bien Tyttö  après…

6. Ill Clinton – Skywalken III et Juniper EP
Ill Clinton et Us Natives Records sont des abonnés perpétuels d’IRM ! Skywalken III sonne comme une bande-son, un mélange cinématique et ici cinématographique de Star Wars version Tatooine avec un Christopher Walken en guest ; ça tombe bien, jetez un œil au clip de DRT ERTH ! Comme d’habitude, le beatmaker excelle dans les textures lo-fi et analogiques, le truc crépite et c’est parfait comme avec son Juniper . Une beat-tape trop courte (ou pas), mais parfaite, les ambiances se posent pleines de tension, suavement oppressives, lo-fi bien sûr, géniales à mon goût, le beat met du temps à démarrer, il se laisse attendre mais quand il arrive, on touche au sublime, l’hypnose est là, Ill Clinton est grand (comme d’hab’) !

 

5. Egadz – Bad Keys Drip
Grosse claque post-apocalyptique ! Erik Nava aka Egadz lâche là une petite merveille faite d’abstraction et d’énergie primale et surtout un truc archi-bonnard. Ici, une énorme batterie tabasse tout, envahit, tient toute la place, mais paradoxalement ajoute un côté organique et humain à un album qui lorgne pourtant beaucoup vers les sons synthétiques et vintage. Egadz a réussi ce tour de force et c’est bravo !

4. Jinsang – Solitude. et  Kona Park.
Solitude. est un petit joyau et Jinsang est assurément un des nouveaux beatmakers de l’année ! Il est bon, il pue la Californie rêvée et pratique l’art subtil de chopper des samples de dingo pile comme il faut ; vous allez vous régaler de ses nappes de piano, de cordes, de cuivres, de ses ambiances supra-cool comme c’est même pas possible, de ses beats alambiqués mais pas trop, de son je-ne-sais-quoi de The Avalanches (ouais quand même, on y revient !) ! Et Kona Park.  ? La même en couleur, supra-smooth, avec plus de guitares cool et un coté un poil plus linéaire sur les beats, mais Jinsang est le gars à suivre obligatoirement !

 

3. Undicii – Ore
Mélangeant l’ambient jazz cabalistique et l’abstract hip-hop avec des beats et des samples immersifs comme c’est pas permis, le résultat est archi-trippant pour un album paradoxalement double (comme sur la pochette). D’une première partie mélancolique et free-jazz avec sa dose de smooth complexe, Ore dévoile une seconde face plus paranoïaque et synthétique. L’engin est merveilleux et le résultat magique !

2. Sorcery Orchestra – The Fountain of Destruction
Après les énormes  Galaxy Cloak  et  Nightmare on Immortal Elves Weed (dont on reparlera ailleurs), Sorcery Orchestra claque un monumental château de cartes ultra-lo-fi ! Le beatmaker californien arrive à dompter la machine sur 14 pistes instrumentales aux mélodies tour à tour labyrinthiques, flippantes ou faussement jazzy ! Le résultat est immense, malsain, magistralement simple, ouvertement bizarre et narcotiquement parfait !

1. Dr. Conspiracy – Nuclear Mysticism
Amateurs de DJ Shadow (version Endtroducing… ), d’Edan ou de Jel, cette chose ricaine est pour vous. Le DJ d’Atlanta maîtrise le turntablism comme c’est pas permis, mais en version inquiétant et en y ajoutant une bonne grosse pointe de psychédélisme dedans. Ainsi, comme après une trop forte dose de psychotrope, le drum and bass de l’album joue le rôle de stimulant, le beat organique réveille, histoire de retomber ou de rester entre deux. La magie de l’album repose là, avoir la tête dans le fumée, mais les deux pieds au sol à gigoter…

My top 70 Hip-Hop albums of 2006

Par défaut
  1. K-The-I??? – Broken Love Letter
  2. J Dilla – Donuts
  3. Kill The Vultures – The Careless Flame
  4. Subtitle – Terrain To Roam
  5. Dabrye – Two/Three
  6. Darc Mind – Symptomatic Of A Greater III
  7. Ceschi – They Hate Francisco False
  8. Thavius Beck – Thru
  9. Rocé – Identité En Crescendo
  10. Raw Produce – Selling Celery To Get A Salary
  11. Radioinactive – Soundtrack To A Book
  12. Recyclone & soso – Stagnation And Woe
  13. Juggaknots – Use Your Confusion
  14. Metropolis Now – s/t
  15. Subtle – For Hero For Fool
  16. Curse Ov Dialect – Wooden Tongues
  17. Qwel & Meaty Ogre – Freezer Burner
  18. Glue – Catch As Catch Can
  19. Mr. Lif – Mo’ Meg
  20. Kamasoundtracks – Soul’Sodium
  21. Of Mexican Descent – Exitos y Mas Exitos
  22. PackFM – whutduzFMstand4?
  23. Blue Sky Black Death – A Heap Of Broken Images
  24. People Under The Stairs – Stepfather
  25. Flying Lotus – 1983
  26. Cunninlyguists – A Piece Of Strange
  27. Les Cautionneurs – Quinte Flush Royale
  28. Nomad – Lemon Tea
  29. Scientifik – Criminal
  30. Jedi Mind Tricks – Servants in Heaven, Kings In Hell
  31. Le Klub Des 7 – s/t
  32. Count Bass D – Act Your Waist Size
  33. J Dilla – The Shining
  34. Birdapres ‎– Get It Done
  35. Lightheaded – Wrong Way
  36. The Roots – Game Theory
  37. Nocando – Walk The Void
  38. Soklak – 1977
  39. 7L & Esoteric ‎– A New Dope
  40. MF Grimm ‎– American Hunger
  41. Busdriver ‎– Taxed Jumper Mix
  42. Uppa Notch – No Greater Love
  43. Booba – Ouest Side
  44. Myka 9 – Citrus Sessions Vol.1
  45. Debmaster – Monster Zoo
  46. Boot Camp Clik – The Last Stand
  47. Jel – Soft Money
  48. Tanya Morgan – Moonlighting
  49. L’Exécuteur De Hong Kong – Temps Précieux
  50. P.O.S – Audition
  51. Oxmo Puccino & The Jazzbastards – Lipopette Bar
  52. M-1 – Confidential
  53. Murs & 9th Wonder – Murray’s Revenge
  54. Spank Rock – Yoyoyoyo
  55. Braille – Box of Rhymes
  56. Clipse – Hell Hath No Fury
  57. Anomaly – The Long Road
  58. John Smith ‎– Growing Pains
  59. Casey – Tragédie D’Une Trajectoire
  60. Kankick – Serious Business This
  61. Apathy & Celph Titled – No Place Like Chrome
  62. J-Zone – To Love A Hooker
  63. Hi-Tek – Hi-Teknology²: The Chip
  64. Ghostface Killer – Fishscale
  65. dDamage – Shimmy Shimmy Blade
  66. Aceyalone & RJD2 – Magnificent City
  67. The Coup – Pick A Bigger Weapon
  68. Louis Logic & J.J. Brown – Misery Loves Comedy
  69. The Streets – The Hardest Way to Make an Easy Living
  70. Nas – Hip Hop Is Dead

My Top 60 Hip-Hop Albums of 2005

Par défaut
  1. Labwaste – Zwarte Achtegrond
  2. Edan – Beauty And The Beat
  3. Brad Hamers – The Cut-Ups of a Paper Woman
  4. Cage – Hell’s Winter
  5. Sole – Live from Rome
  6. Maintenance Crew – Eternal Sunshine of the Simple Mind
  7. Daedelus – Exquisite Corpse
  8. Sage Francis – A Healthy Distrust
  9. Bigg Jus – Poor People’s Day
  10. Busdriver – Fear of a Black Tangent
  11. Nephlim Modulation Systems – Imperial Letters Of Protection
  12. soso – Tenth Street And Clarence
  13. Danger Doom – The Mouse And The Mask
  14. The Nonce – Advanced Regression & The Right State of Mind
  15. Disflex.6 – Robot Dreams
  16. La Caution – Peines de Maures / Arc-en-Ciel Pour Daltoniens
  17. Eligh – Enigma
  18. SupremeEx & Tajai – Nuntype
  19. Subtitle – Young Dangerous Heart
  20. Ricci Rucker – Fuga
  21. Dälek – Absence
  22. Gruf – Hopeless
  23. The Reavers – Terror Firma
  24. Homeliss Derilex – HD’s vs The SP-1200
  25. Mestizo & Mike Gao – Blindfaith
  26. Why? – Elephant Eyelash
  27. CunninLynguists – A Piece of Strange
  28. Odd Nosdam – Burner
  29. Living Legends – Classic
  30. 13 & God – s/t
  31. MF Grimm – Scars & Memories
  32. Cadence Weapon – Breaking Kayfabe
  33. GZA & DJ Muggs – Grandmasters
  34. Shad – When This Is Over
  35. 3 Melancholy Gypsys – Grand Caravan To The Rim Of The World
  36. Huss und Hodn – Unprofessionelle Musik
  37. Cool Calm Pete – Lost
  38. Ohmega Watts – The Find
  39. Blackalicious – The Craft
  40. The Perceptionists – Black Dialogue
  41. Pumpkinhead – Orange Moon Over Brooklyn
  42. Glue – Sunset Lodge
  43. J-Live – The Hear After
  44. Atmosphere – You Can’t Imagine How Much Fun We’re Having
  45. One Be Lo – S.O.N.O.G.R.A.M.
  46. Lone Catalysts – Good Music
  47. Felt – Felt 2: A Tribute to Lisa Bonet
  48. Kanye West – Late Registration
  49. Psyche Origami – Is Ellipsis
  50. Blueprint – 1988
  51. Sean Price – Monkey Barz
  52. Little Brother – The Minstrel Show
  53. Black Market Militia – Black Market Militia
  54. Roots Manuva – Awfully Deep
  55. Park-Like Setting – Craftsmen
  56. Quasimoto – The Further Adventures Of Lord Quas
  57. Omega One – The Lo-Fi Chronicles
  58. Buck 65 – Secret House Against The World
  59. Nujabes – Modal Soul
  60. Asamov – And Now…

May Top Albums of le mois de Mai 2016 (ou presque)

Par défaut

Cool LPs and mixtapes here :

  1. Mathias Kruse & Brenky – Eustress / Wormhole
  2. Third Sight – IV et Orchids & Corpses
  3. Menes The Pharaoh & Sorcery Orchestra – Galaxy Cloak
  4. Junclassic & Wun Two – Better Than Fiction Too
  5. M.o.I (Moi ou Il) & Phalo Pantoja – Vitriol
  6. Pawcut – Nightmare City
  7. L’Argent de la Drogue – PopMusic
  8. Gilead7 & Subtrax – Peaces Of War
  9. Koshface Jackson – Old Man Strength
  10. Camilozevintch – Kremlins
  11. Illogic – The Remnants Vol 1 (unmixed, unmasterd, unreleased and barely noticed)
  12. 7 Arm’d Labyrinth – Medicine Cabinet
  13. Maximus Da Mantis – KALI-MA : The Heart Eater
  14. Gajah & Chrono Triggers – Imperfect Angels
  15. Moka Only – I’m Delighted
  16. Grand Killa Con – La Barranca
  17. AzudemSK – Bis das Leben applaudiert
  18. Yoni & Geti – Testarossa
  19. Jumbled – WIWL
  20. Frankie P – NYCtophilia
  21. Ichiban Hashface – House of Hunan Vol.2
  22. Odweeyne of So Cracked Lab – Kicks in the Crates Vol.1 – 1990/1991 – SUPA & PHAT Side
  23. YAWL (Ancient Mith & Dot) – A Pile To Keep, A Pile To Burn
  24. Billy Blanka – Bright Lights Dark Hadou
  25. DirtyDiggs – 7 Figure Patterns
  26. Spoon DogG – F.R.I.E.D. 2
  27. Vampsterdam – PTSD (Philosophy, Therapy, Sex, Drugs)
  28. Superhirn & Eloquent – Im Auge Des Wurms
  29. Holy Mack – Kim Jong Un Gang Beatape
  30. Destruct & Brother Beatbox – Dank Soul

Cool EPs here :

  1. Blueprint & Aesop Rock – Vigilante Genesis
  2. Swords For Hire – Moonshine Dojo
  3. Has-Lo – Hard Writer
  4. Ta-ku & Repeat Pattern – Brrwd Love Vol.1
  5. Apanemic – A Thousand Secrets EP