Menu du Jour #125

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Tous les jours, un choix de 3 soupes toutes plus appétissantes les unes que les autres pour garder la forme sans sacrifier l’équilibre !

Soupe à la viande avec des morceaux : Purple Dialect – Leaves

 Ici, vous l’aurez remarqué, on aime beaucoup les ptits gars de chez Us Natives et pour cause ! Pour les fêtes c’est Purple Dialect qui s’y colle. Alors, que dire ? Franchement…. ben c’est bon, tellement que je ne sais pas quoi dire sans enfiler les lieux communs comme des perles. Ça groove, les MC’s ont la dalle et, petit bonheur personnel, sur la dernière piste au titre funéraire voilà t’y pas que débarque mon chouchou au masque à gaz, le bien nommé Ill Green. Je suis heureux. Ce disque me rend heureux à tel point que si j’étais Snoopy je m’allongerais sur ma niche avec pour l’écouter en regardant tomber la neige. Faîtes de même mais couvrez-vous.

Pasta Masta

Soupe à l’ancienne et à la main : Jones & Classyc D – Museum Music

On connait l’image, maintes fois rebattue, du gardien temple du hip hop qui a servi de rustines à tant d’inspiration dégonflée. Mais pas ici rassurez-vous. Bonkar Jones de La Storm n’est pas le genre d’artiste qui donne dans la demi-mesure : il prend le concept au pied de la lettre et le décline sur 12 pistes. Embarquez et suivez le guide à travers le Haut Temple mis en musique et en image par les talentueux Classyc D et Nicolas Sauge. Les samples tournent, les flows claquent avec le retour appréciable de Séisme à l’accueil du musée. Ce disque respire l’amour du hip hop et agira sur votre morale plus sûrement qu’une cure de magnésium au ginseng et au guarana.

Pasta Masta

Soupe douteuse : Poisson Fourrure – Bête de Flot

Soyez Poisson Fourrure, écoutez Poisson Fourrure et aimez Poisson Fourrure. Quand la bêtise crasse et décomplexée et la vulgarité du beauf bourré chantent de concert une ode vocodée à la médiocrité, Poisson Fourrure est une planche de salut. Poisson Fourrure est un trio de Super Zéros fruits d’une étrange théorie de l’évolution. Poisson Fourrure est tombé d’un BD d’Edika dans une marmite de jambon magique. Poisson Fourrure joue les idiots avec classe en déballant ses trouvailles. Embrassez le changement et optez pour l’évolution régressive. Homme moderne, homme post-moderne et toi aussi homme futuriste tout n’est pas encore perdu ! Sauve ton âme et aime Poisson Fourrure !

Pasta Masta

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Menu du jour #124

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Soupe au sang de vierge : Jak Tripper – Hideous

Tu es prêt à te salir les oreilles avec de la fange bien épaisse ? Ouais ? Alors au menu de ce Hideous, c’est du horrorcore total et monolithique pour un album gavé de folie pure presque sanguinaire ! Une découverte tardive pour moi, puisque l’objet est sorti en juin, mais quelle chance de ne pas être passé à coté de cet OVNI ! Jak Tripper avec son flow rauque et malade balance un LP hypnotiquement malsain et sataniquement magique ! Les ambiances énigmatiques tranchent parfaitement avec le verbe rentre-dedans du new-yorkais, le boom-bap y est lourd et les instrumentations sont minimalistes, tristes et obscures… En gros, on n’est pas là pour rigoler, mais la dinguerie est communicative, et c’est parfait comme ça !

Souper Spout’

Potage de la forêt enchantée : Jesse Dangerously & Eli Grove – DangerGrove

Après avoir invité pas mal de copains sur Subversive Ciphers pour rapper avec lui, Jesse Dangerously se la joue différemment avec DangerGrove puisque c’est lui seul (avec MC Lars et Mikal kHill, d’ailleurs goûtez donc Human Disaster) qui gère le micro avec Eli Grove à la production. Grand bien lui en a pris, puisque l’entente est parfaite, la folie du canadien a trouvé son complètement ! Le Ol’Dirty Bastard d’Halifax a trouvé un alter-ego à sa taille, alors ça rappe vite, ça fait bouger la tête, les productions sont fines et piquantes, que demander de plus ?

Souper Spout’

Soupe boulons et dentelles : Eligh – Gandalf’s Trunk Machine 2

Le mois dernier, Eligh avait bluffé son monde avec l’excellentissime Grand Tapestry, indien et extraordinaire, cette fois-ci la légende du hip-hop angeleno revient avec 14 pistes plus expérimentales et personnelles, 14 petites merveilles instrumentales faites de dentelles électroniques fines et subtiles. L’expérience indienne traîne parfois sur certains titres et une ambiance globale plus électro-chip méditative et loin des tabassages auxquels nous a habitué le californien montre que l’expérience Grand Tapestry a marqué Eligh et franchement c’est vraiment cool comme ça !

Souper Spout’

Menu du jour #123

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Soupe verte au cognac : Ichiban Hashface – House of Human Vol.3

Si vous ne le savez pas encore, la Soupe de Son voue un culte à Ichiban Hashface et le gars du Nebraska nous le rend bien à chaque fois, car après les deux chefs d’œuvre que sont Moonshine Dojo et Raw Fish EP, le beatmaker/emcee vient de lâcher le petit frère de House of Hunan Vol.2 ! Plus smooth, peut-être plus jazzy (mais tout est relatif quand on connaît l’oeuvre du bonhomme), peut-être moins DIY radical (et donc dans la continuité de Raw Fish EP), ce volume 3 instrumental s’avale comme une tisane à la weed bien sucrée, un truc plein de mélancolie et de gout et c’est encore une pépite signée Ichiban Hashface !

Souper Spout’

Soupe d’été : Hello Tomorrow – Goodbye Yesterday EP

Le truc n’est tombé dessus assez superbement, car sorti en août (désolé pour le retard, mais on peut pas être partout), Goodbye Yesterday EP est merveilleux au sens étymologique du terme. Tone Beatz à la production et D. Focis au micro sont vraiment bons ! Avec des sonorités smooth bien comme il faut, de délicats rappels à la modernité pour nous rappeler que nous sommes bien en 2016, le duo pratique le cool comme une religion, les ambiances cuivrées et cordées sont fraîches et propres, les textures groovent et le flows de D. Focis est en apesanteur au dessus du taff de Tone Beatz ! Miam !

Souper Spout’

Potage sur mesure : Jumbled – Action Shots

Après l’excellent WIWL, le copain et beatmaker Jumbled revient mais cette fois-ci il n’est pas tout seul à bord, il a rameuté six emcees (inconnus au bataillon, personne n’est parfait) et leur a fait le cadeau d’une piste. Le coté lo-fi de Jumbled est ici bien loin, le gars assure des productions classieuses et malines, mais assez dépouillées et à tiroirs pour que ça soit ultra-bonnard ! Niveau flow, les six invités sont à suivre de prêt , y’a que du bon et même si leurs styles sont bien différents, Jumbled assure la cohésion ! La banane !

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Menu du jour #122

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Soupe aux forceps : War Church – Gunship Diplomacy

Amateurs de hip-hop puissant, féroce, passionné, en colère, intelligent, agressif et politique, ce truc est pour vous et vous allez peut-être même me remercier ! Il est pour vous et il est pour moi parce que franchement c’est une putain de claque et il sera tout en haut à l’heure des comptes ! War Church, c’est Skech 185, emcee/agitateur chicagoan de son état et Analogue Tape Dispenser, beatmaker au talent plus plus plus. Les deux ensemble viennent de se réunir pour un Gunship Diplomacy mastodontesque et c’est juste de la dy-na-mi-te en mp3 ! Le flow technique et athlétique de Skech 185, sorte de spoken word bombastic à la puissance imposante la mitraillette en bandoulière est un truc à écouter une fois dans sa vie, vraiment ! Et encore s’il n’y avait que ça, le gars choppe tout l’espace sonore et claque des textes denses et sombres comme on en entend peu, et par dessus toute cette épaisseur lyrique, comme si ça ne suffisait pas, Analogue Tape Dispenser sort un travail de dingue. Des productions denses et parfaites ou plus envolées mais toujours en symbiose avec les rafales de balles que balancent Skech 185 ! Le résultat est ambitieux, sauvage et complexe, peut-être déroutant car indomptable, mais bordel que c’est bon ! GRAND !

Souper Spout’

Potage extraterrestre :  The Sloth & Hologram – The Francis Slothington Dawn

Autre soupe, autre bizarrerie et encore un accord parfait entre un emcee et un producteur ! L’histoire se passe loin d’ici sur The Dawn, une planète que s’est accaparé Francis Slothington aka The Sloth, là-bas les comptes se règlent à grand coup de flows rapides et bondissants et pour répondre à ça, Hologram lâche productions cools sur productions tordues. Vous l’avez compris le concept est sci-fi comique et ça marche tout seul ! Les ambiances sont originales, bonnardes, et là aussi, l’emcee occupe toute la place, The Sloth a un flow auquel j’adhère complètement et les deux ensemble font dans le complexe loufoque kiffant. The Francis Slothington Dawn est frais comme une gorgée d’hélium, A.P.M.T. par exemple est un petit chef d’œuvre et je vous assure qu’il y en a beaucoup comme ça sur l’album !

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Soupe au cambouis : Elos – DD

Dernière soupe, dernière bizarrerie, et au menu maintenant, c’est une soupe du turfu ! Dub du sous-sol, drum and bass des étoiles, hip-hop en ferraille, beakbeat de très loin, electrochip anonymous, indus dystopique, Elos ratisse large dans des ambiances dignes d’un film d’anticipation où les machines auraient pris le dessus ! Vous prenez la pilule bleue ou la pilule rouge ? Je vous conseille la rouge, histoire de plonger dans la Matrice confectionnée par Elos !

Souper Spout’

Menu du jour #120

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Beetenbartsch au ketchup : OptimisGFN – The Fresh Prince of Berlin

En 2015, le berlinois d’adoption nous avez gratifié de deux bombes atomiques : Young Whipper Snapper sorti chez Hello.L.A qui a juste été mon EP préféré de l’année et Iller Thriller! via IHAA (excellent 7éme de mon classement album). La suite ? Ben voilà, c’est tout aussi qualitatif puisque voici The Fresh Prince of Berlin, une nouvelle claque imparable ! Quelque chose proche de l’abstract californien, avec un je-ne-sais-quoi de Knxwledge sous amphétamine, un truc solaire et contemplatif mais aussi quelque chose de profondément berlinois, un truc expérimental, électro-chip et répétitif, presque calibré pour le clubbing. Niveau flow, on se rapproche un peu de son pote K-The-I ???, le style est proclamé, mais incroyablement sensible et toujours assurément impeccable. Bref encore une pépite pour OptimisGFN et une nouvelle singularité faite de limpidité complexe et torturé devant laquelle je me prosterne !

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Potage du chef : Boxguts – Hot Bref Boy Volume 4: Ignorance Is Dis

Juste cette année, ce sera la cinquième fois que Boxguts aura une place de choix dans un des menus de La Soupe de Son, voilà, ça pose le gars et ça montre comment on le kiffe ici ! Là avec Hot Bref Boy Volume 4: Ignorance Is Dis, y’a toujours ce putain de flow qu’on vénère et même si la collection de producteurs peut faire peur (même si les noms font envie), il se dégage une quantité de tueries assez dingue : 23 titres et rien à jeter ! D’une homogénéité rare alors que 12 beatmakers sont présents et mieux, les marqueurs typiques du new-yorkais sont tous là. Juste pour vous faire saliver : Salamander ou On Some Shit et vous comprendrez pourquoi je compare le travail de Boxguts avec celui de Company Flow, Create or Die ou Mirrored Room et vous comprendrez pourquoi je parle souvent de paléo-futurisme avec l’emcee. Bref Boxguts prouve encore une fois qu’il est énorme et Hot Bref Boy Volume 4: Ignorance Is Dis est à sa taille !

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Court-bouillon : Aquil – AMEN

Court, simple et frontal, AMEN est juste parfait ! Sample gospel ou soulful, donc pilo-érectile, on bouge la tête aussi et on pense au Kanye West d’avant de quand c’était bien, et puis il y a le philadelphien Aquil au micro qui occupe toute la place avec son flow sûr et conquérant. Un EP de 5 titres qui fait du bien à la tête et qui lave autant qu’il régale !

Souper Spout’

Menu Du Jour #119

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Soupe à l’encre : Jeremiah Jae – A Cold Night

Toutes les sorties signées Jeremiah Jae sont des petits événements qui secouent le microcosme mondial du hip-hop underground, pourquoi ? Car toutes les sorties estampillées Jeremiah Jae sont des merveilles ! Alors oui, cette année le gars s’est fait un peu plus discret, mais voilà qu’il vient de lâcher coup sur coup deux concentrés de créativité, deux petits chefs d’œuvre : Holy Smoke avec Zeroh et ce A Cold Night justement ! L’album se veut comme une « ode » dont le thème et le ton sont sa ville, Chicago. On est dans le froid, dans la glace, dans la noirceur, aussi bien du coté des sublimes productions que du flow monocorde de Jeremiah Jae, mais je ne sais pas, il y a une petite lueur d’espoir sur chaque piste, un truc lumineux, une flamme dans la nuit éternelle qui fait de A Cold Night une singularité énigmatique et crépusculaire mais éclairée par une lune brillante. IMMENSE !

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Soupe anti-bars à soupes : Dregs One & Brycon – Invasion Of The City Snatchers

Les deux vieux gars de la Bay Area que voilà ont des trucs à dire, des choses importantes à raconter sur leur ville, San Francisco. Invasion Of The City Snatchers parle d’une invasion d’ombres, de hipsters et de flics, une sorte de lutte des classes au niveau local entre autochtones dans la merde et envahisseurs gavés par une gentrification cautionnée par l’apathie libérale de 2016. Dregs One pose son verbe fort et clair sur des productions signées Brycon (lui, on en parlait ici et  et on avait bien raison), l’accord est parfait, ça sonne vétéran, ça pue la classe, le message est là et l’album coule pourtant tout seul même avec ta tension inhérente, du grand art !

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Soupe au miel : Shungu – All Stars Vol. II

De quoi ? Je n’ai encore jamais fait de soupe avec du Shungu ? Erreur !!! Et pourtant depuis que je l’ai découvert en 2014 avec sa série de beat-tapes sur les signes du zodiaques (pourquoi pas ?), je suis fan de son abstract smooth alambiqué gavé de références jazzy et cool ! Je me rattrape donc avec son All Stars Vol. II, la recette est la même : de la classe, du rêve, du boom-bap à la bien et un art de l’échantillonnage toujours pointu pour l’américano-belge, bref le truc parfait pour chiller pépère sur le canapé !

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Menu du jour #118

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Potage de gros vilains : Nacho Picasso – AntiHero Vol. 1

Des années qu’on suit Nacho Picasso ici, avec Blue Sky Black Death ou pas, son coté thug de l’intelligentsia du hip-hop d’en dessous est passionnant et a créé un véritable personnage de comics dans toute son épaisseur, mais là, le voir avec Blvck Lvgoon et Harry Fraud, je me suis dis aie aie aie, ça passe ou ça casse : et bien ici avec AntiHero Vol. 1, ça passe, mais putain de bien ! Nacho Picasso n’a jamais été aussi méchant et son flow froid et piquant atteint des sommets de sang congelé ! Bloody Tissues est horrible (beurk, ok), mais le reste, wahou ! Naviguant entre trap et cloud-machin sous-terrain, le truc est spectralement parfait, Nacho Picasso est sublime dans sa méchanceté et Blvck Lvgoon ou Harry Fraud ont compris qu’il fallait lui donner tout l’espace négatif pour que l’emcee puisse se vautrer le stupre ! Subliment sale !

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Soupe à 6 mains : Gray Matters & Bliss – I Solemnly Swear

I Solemnly Swear, c’est Gray Matters et Bliss, un duo mixte d’emcees que je ne connaissais pas, épaulé ici de Glad2Mecha, le beatmaker de génie et tout ce beau monde fait de l’excellent hip-hop en Arizona. J’ai toujours eu une passion esthétique et dynamique pour les doublettes de rappeurs homme / femme et là, j’ai été comblé ! Gray Matters et Bliss se répondent parfaitement, se complètent, se redonnent de l’énergie et puisque Glad2Mecha est un magicien, ça marche ! Du boom-bap souvent froid, mais toujours archi-inventif : la pochette fait penser aux Doppelgangaz, mais pas que, y’a un coté gritty dans le truc, mais la texture dense et complexe de chaque titres et les quelques envolées groovy pour le fun font passer l’affaire au stade supérieur ! I Solemnly Swear est un grand album !

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Soupe de cœurs : Neila – Lonely Hearts Club

Je ne sais pas si vous le méritez, mais on vous gâte ce soir, voici encore un autre immense album ! Neila est californienne, plutôt discrète, affiliée au Project Blowed (on me dit dans l’oreillette que La Soupe de Son aussi ! Fier je suis !), emcee plus du coté du spoken word mais de génie, ici la rappeuse vous régalera de 21 titres enregistrés entre 1999 et 2005. Plutôt lo-fi dans l’enregistrement, mais bien plus complexe qu’il n’y paraît, les productions sont cools et réfléchies, surtout qu’avec un flow passionné et intime, Neila fait la différence, sa voix résonne dans vos cœurs et vibre, elle excelle dans le maniement du verbe et Lonely Hearts Club est finalement singulier et tout simplement humain ! Grand !

Souper Spout’