Menu de la semaine #5

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Toutes les semaines, un choix de 5 soupes toutes plus appétissantes les unes que les autres pour garder la forme sans sacrifier l’équilibre !

 

Soupe détox : JonwayneRap Album Two

Après une chouette série de cassettes et un Rap Album One que je place très très haut, le Californien avait lâché Jonwayne is Retired, c’était en 2015, tout était dans le titre, mais à l’époque on n’y croyait pas trop, surtout que la mixtape Here You Go (ici et ) suivit la même année… Et pourtant mélangeant alcool et dépression, Jonwayne était au fond du trou, bien sûr sa musique transpirait un peu tout cela, on le sentait névrosé et manquant de confiance en lui, mais jamais je ne l’aurais cru aussi abîmé au point de tout arrêter… Pourtant c’est ce que l’emcee et producteur fit, deux ans pour remonter la pente, deux ans pour se débarrasser de ses addictions et deux ans pour nous pondre ce Rap Album Two aussi cathartique pour lui que passionnant pour nous ! Car oui, Rap Album Two est grand, et même si Jonwayne ne fait toujours pas dans la démonstration, il rôde une présence tout au long de l’album, il y a ce petit supplément d’âme qui fait les petits chefs d’oeuvre. Entre exorcisme, auto-médication et introspection, Jonwayne fait comme d’habitude la part belle au verbe (le sien et à celui de ses potes, Zeroh en tête) et son flow monocorde et précis atteint des sommets qui sans son beatmaking de génie auraient pu paraître abscons. Faites de ruptures et de modulations, les productions du gars (et de Dibia$e), toujours aussi lancinantes et répétitives, pourrait faire penser à un hip-hop d’esthète, oui, mais le minimalisme du Californien fourmille de détails délicats finement travaillés. Jonwayne parait toujours aussi  peu sûr de lui et de son génie, mais il plane finalement un sentiment de liberté retrouvée sur chaque piste comme si l’américain avait enfin accepté qui il est. De l’auto-dégoût à l’acceptation de soi, il y a un chemin tortueux, Rap Album Two en dessine le plan et Jonwayne en ressort grandi, profondément humain et grandi !

Souper Spout’

Potage expérimental : Pacific Yew(((( ..Lamest Days ))))

Attention, OVNI en provenance du Texas via la  Californie et la Hot Record Société ! Comme si la zone 51 s’était délocalisée du coté de Fort Worth, Pacific Yew va vous faire voyager dans des contrées inexplorées pleines de mystère et d’expérimentations hip-hop de très hautes volées ! En apesanteur tout le long de l’album, on traverse ce (((( ..Lamest Days )))) comme un film qu’on regarderait les yeux fermés… On n’est pas à un paradoxe prés, car finalement ici tout s’entremêle, se mélange et bonifie : lo-fi, transe chamanique, acid jazz, mélancolie, vide, douceur, lenteur, bizarrerie, rêverie, errance, flow dépouillé, up-pitché, phrases sonores, comme si Zeroh et Milo s’étaient donnés rendez-vous autour d’un immense Pacific Yew…Même si l’approche obtuse de (((( ..Lamest Days )))) pourra faire peur à certain, c’est assurément une de mes plus passionnantes découvertes de l’année (comme son nom ne l’indique pas) et quand je vois que le gars en est à sa 17éme sortie, j’ai juste le vertige et c’est exactement la sensation que procure cet incroyable album !

Souper Spout’

Soupe de sang : Klive KravenDeath Comes in The Dawn

Hardcore, horrorcore, Vinnie Paz, Non-Phixion, vous l’avez surement compris on ne va pas faire un concours de blagues avec Klive Kraven, et l’artwork en rajoute même une couche si ça ne suffisait pas ! Les ambiances énigmatiques tranchent parfaitement avec le gros flow bien rentre-dedans du gars du Maryland, le boom-bap y est lourd et sanguinolent, les beats sur-gras et les instrumentations minimalistes, horrifiques, obscures et archi-bonnardes… En gros, on n’est pas là pour rigoler, mais la dinguerie est communicative, c’est parfait comme ça , surtout qu’un bon gros coup de hip-hop frontal, ça fait du bien !

Souper Spout’

Soupe en J’y-fous-tout : FBR & IHeartNoisePresent Library Lunch: A Benefit Compilation For AntiBullying

FilthyBroke Recordings, le « petit » label qui n’en finit pas de m’épater ! Après avoir sorti du Nacho Picasso, du V8, du Gajah & Chrono Triggers ou du Cobby & Litten (pour les trucs les plus récents), FBR lâche là un recueil d’inédits où tout n’est pas hip-hop, effectivement, il y aussi à boire et à manger, effectivement, mais tout transpire l’honnêteté puisqu’ici on a à faire à une compilation caritative pour Ditch the Label. Je vous rassure, y’a quand même du beau monde : Hoot, V8 (encore !) et plein de découvertes comme PRFCT Storm, Walter Gross ou Petridisch. Et puis quand on écrit : « Bullies, in myriad forms, are tearing us apart. Music seems to bring people together. Hence, this compilation.« , ça ne peut que me plaire !

Souper Spout’

Omaha soup : VERZEOOZARU

Autre OVNI, autre voyage, mais cette fois-ci, direction le Nebraska ! VERZE entreprend de déconstruire le hip-hop à grands coups de dingueries faites maison entre gros rap et trap d’un coté plutôt sur la première moitié de l’album et d’un autre coté, nerd-rap et trucs plus expérimentaux et pointus. Ça part un peu dans tous les sens, ça sent la jeunesse et la folie et pourtant le gars sait où il va, en témoignent les trois pistes signées par Ichiban Hashface, juste magiques, mention spéciale pour Mail ! A suivre donc de prés, surtout que si VERZE s’éparpille un peu moins, là ça pourrait être très grand !

Souper Spout’

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