Menu de la semaine #3

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Toutes les semaines, un choix de 5 soupes toutes plus appétissantes les unes que les autres pour garder la forme sans sacrifier l’équilibre ! 

Potage de chef : PruvenReach Surroundings

Comme je l’ai attendu cet album ! Depuis 2012 et l’excellent Stamina of Thought, si je n’ai pas ma dose annuelle de Pruven, y’a un truc qui me manque. Forcément, l’emcee du Connecticut ne s’est jamais foutu de ma gueule, jugez du peu : Wordplay Sensei ou Dark Light Tablets, deux albums monumentaux et donc indispensables ! Autant le dire de suite, Reach Surroundings est du même bois, du hip-hop brut aux ambiances sombres, poétiques ou discrètement luxuriantes à la nuance prés que le résultat sonne bien moins lo-fi qu’à l’accoutumée. Ici, Pruven a vu large niveau production, puisqu’à une ou deux exceptions prés, on a un beatmaker différent par piste et pourtant l’homogénéité est bien au rendez-vous ! Surtout que la magie opère toujours grâce au flow incroyable du gars, un flow martial d’une incroyable maîtrise, east-coast, froid et athlétique. Et pourtant, inexplicablement, Pruven reste toujours dans l’ombre du rap game et galère toujours autant avec ses albums ; alors sautez dessus, ou alors lavez-vous les oreilles, je sais pas, car c’est de l’or en barre qu’on a là !

Souper Spout’

Soupe aux cafards : bedwettervolume 1: flick your tongue against your teeth and describe the present.

Après Shawn Kemp, voilà encore un nouveau blase pour Travis Miller aka Lil Ugly Mane, car c’est bien le mystérieux emcee et producteur texan qui se cache derrière bedwetter et cet album au titre à rallonge. Selon moi, on a même là ce que Travis Miller a fait de meilleur ! Complétement dans la voie tracée avec Oblivion Access, c’est à dire un truc entre horrorcore du Sud (à la $uicideboy$ ou Three 6 Mafia), trap et expérimentation bruitiste, mais sans voix up ou down-pitchées (comme sur ses sorties d’avant 2015), le flow du ricain est maintenant presque crié et son passé glitcho-metalleux avec Across nous pète tout d’un coup à la gueule ! On pense à Eyedea ou à ODB avec ce coté fou teinté de dépression, de désespoir, d’idéation suicidaire et de crise existentielle, on y pense fort aussi avec les instrumentations morbides, les samples inquiétants et les pistes instrumentales complétement dingues. Ce bedwetter s’écoute finalement comme un bad trip paranoïaque, il faut y être préparé, mais quel pied !

Souper Spout’

Soupe consciente : ElucidValley Of Grace

Après l’extraordinaire Save Yourself l’année dernière, voici encore un album attendu avec impatience et là aussi, on n’est pas là pour rigoler ! Valley of Grace EP est une suite logique à  Save Yourself et à l’œuvre d’Elucid : c’est sombre, industriel, social, politique, abstrait et beau. Minimal et inventif, dark et oppressant, puissant et ensorcelant, froid et urbain, Elucid navigue constamment sur le fil du rasoir avec d’un côté le chaos et de l’autre l’austérité d’un hip-hop intello. Oui mais voilà, avec la classe du New-Yorkais, on peut tout se permettre ! Elucid lâche donc une nouvelle pépite, peut-être sa plus jazzy et bizarrement aussi sa plus dissonante et passionnante, car Elucid est avant tout un avant-gardiste et définitivement le nouveau maitre à penser à hip-hop new-yorkais ! Self care is a revolutionary act !

Souper Spout’

Soupe du dimanche : zerohKuroST.BLQlordTESLA

2016 fut faste pour l’emcee et producteur californien, mais alors que le niveau de bizarrerie de zeroh a été en crescendo permanent tout au long de l’année dernière (les dingueries 0 Emissions 1, 2, 3, 4 et 5, Tinnitus et Holy Smoke, miam !), KuroST.BLQlordTESLA sonne comme une remise à zéro (jeu de mot !) des compteurs et l’EP est presque une respiration dans la discographie récente de l’angeleno. Fini la cacophonie jouissive, le bruit blanc et le lo-fi drogué, l’affaire s’écoute comme un album du dimanche soir, mais avec la juste dose de classe dont déborde zeroh qui vient d’inventer le smooth expérimental !

Souper Spout’

Soupe sélénite : V8 as Carlos ImperialOne Dog Night

Il nous avait manqué V8 ! Porté disparu en 2016, l’emcee chicagoan revient gonflé à bloc avec ce One Dog Night long format et archi-réussi. Comme toujours, il faut savoir entrer dans l’œuvre de V8, ici l’affaire navigue entre sorcellerie, phases lunaires (au sens astronomique du terme) et rues de Chicago. Le rappeur annonce même qu’il a numéroté les pistes du truc en fonction de son espérance de vie au moment où il grandissait dans la capitale de l’Illinois… Il est donc question de survie en milieu hostile, de sang et de larmes, mais avec la touche V8, c’est à dire ce flow psychotique et possédé qu’on adore. Nourri à grands coups de beats poisseux aux rayons desquels on trouve Morbidly-O-Beats, Noblonski, Kenny Segal ou K-The-I???, One Dog Night est peut-être même le meilleur album du rappeur (Sludge Factorie compris) et assurément une réussite de hip-hop abstrait malsain, déconstruit et novateur !

Souper Spout’

 

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