2016 : beat-tapes, instrumentaux et soupes dans le genre

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12. Dday One – Gathered Between
Échantillonnage complexe mais linéaire, fin mais qui accroche comme une ventouse à un évier, gavé de loops jazzy et de trouvailles chronométrées, le Californien fait spectralement penser à DJ Shadow ou Pete Rock, rien que ça, et on s’en régale en vrai !

11. 13th Grave – Pvssenger
Les vampires sont lâchés ! 13th Grave fait semblant d’être roumain, il ne l’est pas, il gravite autour de Mathias Kruse et sa clique (si tu n’as toujours pas écouté  Eustress / Wormhole  avec Brenky, tu te dépêches ou alors tu attends parce qu’on en reparlera !), il pratique le hip-hop instrumental et Pvssenger est une expérience entre rêve et cauchemar, toujours sur la lame du rasoir : jazz-hop, non, classic-hop, non, romantic-hop, ça pourrait coller et puis je ne sais pas mais c’est très bien comme ça !

10. The Fawbak Experiment – Third Space EP
Énorme claque de « pur » free jazz abstrait aux saveurs hip-hop discrètes : bien sûr quelques odeurs de boom-bap ou de downtempo sont là pour aiguiser l’oreille grâce au travail génial et délicat de Fawbak et Medline à la production du truc, mais le plus passionnant est ailleurs ! La magie opère par le coté immersif et cosmique des compositions faites main et construites comme on enfile des perles de lumière !

9. 10th Letter – The Revenge
On a kiffé sa relecture sonore dEscape from New York, mais là, 10th Letter franchit un cap ! The Revenge est tout bonnement fascinant ! Le producteur d’Altanta claque 11 pistes à tiroirs d’une densité sonore incroyable, tout est fin, délicat, réfléchi, les ambiances texturées à l’excès nous ouvrent des portes vers le méditatif (plus que le psychédélique) et le rendu global est complexe, quasi-extraordinaire (au sens étymologique du terme). Il faudra arrêter un jour de parler de beatmaker (et moi le premier…) pour des gars comme 10th Letter tellement leur art va au-delà de la création de beats (ce que je respecte grandement), 10th Letter compose des symphonies modernes !

8. Ichiban Hashface – House of Human Vol.3
Si vous ne le savez pas encore, La Soupe de Son voue un culte à Ichiban Hashface et le gars du Nebraska nous le rend bien à chaque fois, car après les deux chefs d’œuvre que sont  Moonshine Dojo  et  Raw Fish EP (dont on reparlera ailleurs), le beatmaker/emcee a lâché le petit frère de  House of Hunan Vol.2  ! Plus smooth, peut-être plus jazzy (mais tout est relatif quand on connaît l’œuvre du bonhomme), peut-être moins DIY radical (et donc dans la continuité de Raw Fish EP ), ce volume 3 instrumental s’avale comme une tisane à la weed bien sucrée, un truc plein de mélancolie et de goût et c’est encore une pépite signée Ichiban Hashface !

7. Tomppabeats – Harbor LP
Souvent quand on voit 39 titres, on prend peur, mais ici on est loin de l’album fleuve à rallonge bien chiant, les 39 vignettes extatiques ne dépassent pas la minute et magie sonore, elles s’enchaînent toutes parfaitement avec délicatesse et symbiose. Le beatmaker finlandais navigue avec élégance dans le lo-fi plein de rêverie et le smooth contemplatif, en gros tu mets ça un dimanche soir quand t’as pas envie d’aller taffer et t’as encore moins envie d’y aller, mais tu te le remets une autre fois, parce que c’est trop bon et même que tu te ferais bien Tyttö  après…

6. Ill Clinton – Skywalken III et Juniper EP
Ill Clinton et Us Natives Records sont des abonnés perpétuels d’IRM ! Skywalken III sonne comme une bande-son, un mélange cinématique et ici cinématographique de Star Wars version Tatooine avec un Christopher Walken en guest ; ça tombe bien, jetez un œil au clip de DRT ERTH ! Comme d’habitude, le beatmaker excelle dans les textures lo-fi et analogiques, le truc crépite et c’est parfait comme avec son Juniper . Une beat-tape trop courte (ou pas), mais parfaite, les ambiances se posent pleines de tension, suavement oppressives, lo-fi bien sûr, géniales à mon goût, le beat met du temps à démarrer, il se laisse attendre mais quand il arrive, on touche au sublime, l’hypnose est là, Ill Clinton est grand (comme d’hab’) !

 

5. Egadz – Bad Keys Drip
Grosse claque post-apocalyptique ! Erik Nava aka Egadz lâche là une petite merveille faite d’abstraction et d’énergie primale et surtout un truc archi-bonnard. Ici, une énorme batterie tabasse tout, envahit, tient toute la place, mais paradoxalement ajoute un côté organique et humain à un album qui lorgne pourtant beaucoup vers les sons synthétiques et vintage. Egadz a réussi ce tour de force et c’est bravo !

4. Jinsang – Solitude. et  Kona Park.
Solitude. est un petit joyau et Jinsang est assurément un des nouveaux beatmakers de l’année ! Il est bon, il pue la Californie rêvée et pratique l’art subtil de chopper des samples de dingo pile comme il faut ; vous allez vous régaler de ses nappes de piano, de cordes, de cuivres, de ses ambiances supra-cool comme c’est même pas possible, de ses beats alambiqués mais pas trop, de son je-ne-sais-quoi de The Avalanches (ouais quand même, on y revient !) ! Et Kona Park.  ? La même en couleur, supra-smooth, avec plus de guitares cool et un coté un poil plus linéaire sur les beats, mais Jinsang est le gars à suivre obligatoirement !

 

3. Undicii – Ore
Mélangeant l’ambient jazz cabalistique et l’abstract hip-hop avec des beats et des samples immersifs comme c’est pas permis, le résultat est archi-trippant pour un album paradoxalement double (comme sur la pochette). D’une première partie mélancolique et free-jazz avec sa dose de smooth complexe, Ore dévoile une seconde face plus paranoïaque et synthétique. L’engin est merveilleux et le résultat magique !

2. Sorcery Orchestra – The Fountain of Destruction
Après les énormes  Galaxy Cloak  et  Nightmare on Immortal Elves Weed (dont on reparlera ailleurs), Sorcery Orchestra claque un monumental château de cartes ultra-lo-fi ! Le beatmaker californien arrive à dompter la machine sur 14 pistes instrumentales aux mélodies tour à tour labyrinthiques, flippantes ou faussement jazzy ! Le résultat est immense, malsain, magistralement simple, ouvertement bizarre et narcotiquement parfait !

1. Dr. Conspiracy – Nuclear Mysticism
Amateurs de DJ Shadow (version Endtroducing… ), d’Edan ou de Jel, cette chose ricaine est pour vous. Le DJ d’Atlanta maîtrise le turntablism comme c’est pas permis, mais en version inquiétant et en y ajoutant une bonne grosse pointe de psychédélisme dedans. Ainsi, comme après une trop forte dose de psychotrope, le drum and bass de l’album joue le rôle de stimulant, le beat organique réveille, histoire de retomber ou de rester entre deux. La magie de l’album repose là, avoir la tête dans le fumée, mais les deux pieds au sol à gigoter…

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